La concomitance de deux événements concernant la sphère écologiste invite à
se poser la question du rôle de l’écologie dans la politique.
Nous avons tout d’abord assisté ces derniers jours à la chute d’Eva Joly
dans l’escalier (nous lui souhaitons un prompt rétablissement !),
illustration malheureuse de celle qu’elle effectue dans les sondages. Ensuite à
la réapparition de Nicolas Hulot dans les médias (au moins France 2 et France Inter).
Ce dernier a pris du recul par rapport à son engagement politicien pour
retrouver, au travers de l’action avec sa fondation, le rôle d’aiguillon qu’il
avait provisoirement abandonné.
Et les journalistes de s’étonner du faible score réalisé par la candidate d’EELV
dans les sondages d’opinion, en suggérant que si le choix de la primaire avait
été différent, il en irait tout autrement.
Quand on connaît la capacité des communicants qui entourent les candidats à
flairer les sujets qui vont attirer les électeurs, on se dit que la première
préoccupation de ceux-ci n’est pas l’écologie. Pour autant, les citoyens ne
sont pas forcément insensibles au devenir de la planète, au maintien de la biodiversité,
à la qualité de l’eau, à l’évolution climatique, etc.
Mais ce qui les préoccupe sûrement en premier, c’est leur survie immédiate
et celle de leurs enfants, qui passe par le travail et les revenus afférents mais
aussi le temps de vivre pour pouvoir admirer de plus près la biodiversité,
plutôt que de terminer leur vie terrestre en même temps que leur vie
professionnelle. Les prises de conscience de l’évolution à moyen et long terme
de notre environnement ne peuvent s’effectuer que quand on a pu rendre disponible une partie du cerveau
préoccupée par un quotidien difficile.
Par ailleurs, un discours culpabilisateur et alarmiste est inaudible quand
on a tellement de raisons de souffrir par ailleurs. Il ne porte qu’auprès des privilégiés qui disposent d’un travail
bien rémunéré et qui préfèrent consommer de la nourriture bio, ne pas habiter
près d’une source de pollution industrielle ou d’une centrale nucléaire et qui
sont prêts à payer plus cher pour cela.
Alors oui, la question de notre environnement et de son évolution est
fondamentale. Oui, elle doit être prise en compte dans les choix politiques de
toutes les formations qui prétendent gouverner un jour le pays. Mais une
proposition politique cohérente doit embrasser la totalité des aspects de la
vie humaine en proposant les moyens nécessaires à la satisfaction des besoins
élémentaires du peuple, même si ceux-ci sont toujours le résultat de compromis
qui doivent être assumés.
L’écologie dite politique ne répond pas à cette exigence. Le spectacle
pitoyable des luttes intestines présentées comme un exercice original de
démocratie prouve le manque de maturité de ce courant, voire même de son
incapacité fondamentale à exister comme alternative crédible. On dirait que
Nicolas Hulot l’a compris en se positionnant comme il le fait.