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lundi 7 décembre 2015

Après le premier tour des régionales



Nous voilà donc avec un résultat global du premier tour des élections régionales qui n’aura surpris que les porteurs de lunettes en carton.

L’attitude martiale et les mesures policières prises par nos autorités n’auront pas suffi à l’électorat pour changer sa représentation de la classe politique au pouvoir depuis presque cinquante ans, incapable de prendre en compte ses aspirations, si ce n’est dans de grands discours pré-électoraux. Devant cette impression d’abandon, il se tourne vers ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de se salir les mains, si ce n’est dans des collectivités locales, et avec le résultat que l’on sait sur la culture et les services publics.

Alors, une attitude un peu condescendante et christique consisterait à dire : « pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ! ». Choisissons plutôt de les respecter en leur disant : « électeurs du Front National qui n’êtes pas d’anciens OAS, d’anciens collabos ou nazillons divers, vous êtes des cons ! Vous croyez être des révolutionnaires et vous n’êtes que des trouillards qui se cachent dans l’isoloir pour qu’on ne les voie pas trembler. Vous êtes des racistes de seconde main, qui cherchent dans l’autre un bouc émissaire à tous vos malheurs, qui ne sont souvent que le résultat de vos renoncements successifs. ».

Ceci étant dit, la petite cuisine politicienne des partis dits de gouvernement, que l’on voit mijoter avant et après les élections ne peut pas avoir pour effet de mobiliser les consciences citoyennes. Ces dernières étaient d’ailleurs quelque peu anesthésiées par le traitement que l’on a constaté du résultat du référendum de 2005, lequel suivait une période de débat qui avait mobilisé de nombreux citoyens.

Faudra-t-il faire l’expérience d’un pouvoir FN pour que tous ceux qui s’en servent aujourd’hui pour crier leur désarroi prennent conscience de l’impasse qu’il représenterait ? La perte de temps qui en résulterait serait préjudiciable à notre pays pour longtemps, à l’intérieur et à l’extérieur. Il faut dès maintenant s’interroger sur ce que le FN, parti nouvellement rallié à la République, entend par les termes de liberté, d’égalité et de fraternité. On voit très vite les limites du concept de fraternité dans les propositions de ce parti : fraternité entre français de souche et rejet de l’immigré, quelle que soit la raison de son immigration ; liberté surveillée par des ribambelles de caméras de surveillance et des policiers municipaux armés ; enfin égalité de traitement des associations culturelles auxquelles les subventions sont supprimées. 
 
Quant au constat fait par ce parti sur les méfaits d’une construction européenne libérale, d’une monnaie unique dévastatrice pour notre industrie, de la souffrance réelle des jeunes sans emploi, etc. il est malheureusement en grande partie exact et ne doit pas être jeté avec l’eau de la marinade. C’est aux partis de gouvernement de l’entendre avant de se faire sortir du pouvoir. Crier « au loup ! » ne suffit pas. Une révision en profondeur de la politique menée depuis 1983 s’impose. Certains, à gauche, le disent depuis longtemps. Peut-être faudrait-il les écouter avant qu’il ne soit trop tard.

jeudi 5 novembre 2015

Régionales 2015 : de quelle élection s’agit-il ?



Lorsqu’on est attentif aux débats qui peuvent arriver aux oreilles des citoyens-électeurs, en dehors des meetings où ne se rendent en général que les convaincus, on a l’impression qu’il s’agit d’une élection nationale qui va porter un jugement sur l’action de l’actuel gouvernement.

Alors on comprend bien que les partis qui participent à l’exécutif entonnent le refrain : « ne nous trompons pas d’élection ! », car ils craignent à juste titre qu’une lourde défaite en soit le résultat. Seront-ils entendus ? Rien n’est moins sûr si l’on mesure le degré de dépolitisation profonde qui atteint le peuple français. Malheureusement, en effet, la tendance à considérer toute élection comme un défouloir se confirme d’année en année.

On peut difficilement en vouloir aux électeurs, qui ont été trompés avec constance par les gens qu’ils ont élus en croyant à leur système de valeurs et à leurs promesses. Ils règlent leurs comptes dans les urnes sans trop se préoccuper des conséquences à moyen ou long terme de leur vote.

En revanche, il faut souligner la malhonnêteté foncière de ceux qui ont participé avec délice aux exécutifs régionaux et qui pensent en manger encore plus en assimilant dans leur campagne les listes proches de l’exécutif à la politique rejetée de celui-ci. Le plus souvent, ils ont profité du souhait d’ouverture de leurs anciens partenaires pour se trouver une place valorisante (et valorisée) au sein des conseils régionaux sortants. 

Ensuite, la cohérence n’étant pas leur vertu principale, ils n’hésitent pas à afficher une harmonie de bon aloi entre leurs composantes, alors que des clivages politiques fondamentaux les séparent. Donc, si l’on se réfère au niveau national pour discréditer une liste, il faut aussi parler des questions nationales pour ces adeptes du renouveau. Deux exemples dans la région Midi-Pyrénées + Languedoc-Roussillon : Au sein de la liste menée par Gérard Onesta, cohabitent des composantes qui ont été opposées frontalement lors du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel : d’un côté EELV et de l’autre le Front de Gauche. On ne peut pas dire que ce référendum n’était pas porteur d’une importance politique majeure. De la même manière, il serait intéressant de connaître l’opinion du Parti Communiste sur la proposition faite par Monsieur Onesta de donner un statut particulier à la Catalogne du Nord (surfant en cela sur la vague de repli régiono-nationaliste européenne).

Alors, qui de ceux qui portent la croix du soutien à la politique de François Hollande et Manuel Valls et qui ont administré nos deux anciennes régions de façon satisfaisante, même s’il était possible de faire mieux dans nombre de domaines, ou de ceux qui ont été partie prenante de cette gestion et veulent aujourd’hui nous faire croire qu’ils sont des hommes ou femmes nouveaux ou nouvelles pour tirer le plus grand profit de la mauvaise opinion du peuple sur l’exécutif, en dépit des fossés politiques qui les séparent ?